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« Planète rose » ou le tourisme gay et décalé de David Dibilio

24 juillet 2010

planete-rose-dibilioCe qu'il y a de formidable avec les vignettes urbaines de Planète rose, le carnet de voyages du journaliste David Dibilio, c'est leur vivacité et leur contemporanéité. À la lecture du livre, nous sommes immédiatement emportés, sur la plage d'Ipanema, dans un bouge d'Istanbul ou sur les remparts de Dubrovnick. En quelques phrases, David Dibilio trace le portrait d'une ville, la parcourant dans tous les sens à la recherche d'un bon plan clubbing, et souvent d'un plan cul, avec un sens cinématographique qui n'est pas étonnant pour cet amoureux du 7e art (David est entre autres programmateurs des festivals parisiens de films LGBT).

J'ai lu Planète rose, chaque soir de la conférence sur le sida de Vienne. À peine dépaysé dans la capitale autrichienne, bombardé toute la journée par des infos sur le sida, des images fortes des manifestations ou des témoignages de séropos, c'est avec délectation que je m'accordais quelques instants en bonne compagnie: le bel Antonio de Dubrovnick, Madeleine et son "Disneyland de la fripe" à Miami ou encore Erdan, le militant turc de la Gay Pride.

David nous fait aimer ces personnages haut en couleurs et nous visitons grâce à lui des lieux improbables, comme les saunas aux amours tarifés de Rio, un bar de Budapest où les mecs baisent sur scène ou encore les soirées bigger than life de Miami.

Plus qu'un énième guide, Planète rose, compilation des articles écrit par David Dibilio pour Pref Mag, fait découvrir des destinations gays, mais avec la curiosité et l'envie de sortir des sentiers battus. David se fait plaisir en voyageant, n'a pas froid aux yeux, s'éclate, et la lecture de ses récits de voyage, écrits à la première personne, sont un vrai dépaysement.

"Planète rose, carnet de voyages", de David Dibilio, La Musardine, 143 p., 13€.

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