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PLAN CULTURE
Livres, musique, dvds, etc., par la rédaction de Yagg
Livres | 20.01.2012 - 12 h 40 | 10 COMMENTAIRES
«Sida 2.0»: l’épidémie revue et corrigée par Didier Lestrade et Gilles Pialoux

«Sida 2.0» ne raconte pas l’histoire du sida, mais des histoires, celles d’un militant et d’un médecin.

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Je connais bien Didier Lestrade et assez bien Gilles Pialoux. J’ai milité aux côtés du premier et travaillé sur Transcriptases, revue de vulgarisation scientifique avec le second. Ma critique du livre qu’ils viennent d’écrire, Sida 2.0, ne sera donc pas tout à fait «objective».

Leur essai, très documenté et riche d’anecdotes, s’ouvre sur les formidables possibilités qu’offriraient les nouvelles technologies de l’information (d’où le titre, même si la référence au 2.0 est déjà très datée). Puis, les trente dernières années, depuis 1981 jusqu’à nos jours, rythment le récit. Chaque auteur développe alors ses idées, sa vision, ses critiques sur les événements qui l’ont le plus marqué: la bataille pour la découverte du virus, l’attitude des gays face à l’épidémie, le rôle des médias et celui des pouvoirs publics, le traitement comme outil de prévention, les objectifs du millénaire pour le développement, etc. Tout y passe ou presque.

Mais Sida 2.0 n’est pas «un livre d’histoire sur le sida, mais un livre d’histoireS sur le sida», expliquent d’emblée les auteurs. Nous voilà prévenu-e-s. Il vaut mieux en effet ne pas prendre toutes les informations au pied de la lettre car ce livre contient parfois des approximations. Dans le chapitre consacré aux événements de l’année 1985, Didier Lestrade insiste – avec raison – sur l’importance des Principes de Denver, la base des militants antisida dans la prise de parole des malades. Mais ces principes ont été énoncés à la conférence de Denver par des malades du sida… en 1983. Toute analyse puise sa force dans la précision des faits.

Sida 2.0 est passionnant quand les deux auteurs décrivent leurs expériences, racontent comment le sida a bouleversé leurs vies personnelles, leur sexualité, leur travail, Didier en tant qu’activiste, Gilles en tant que médecin. Ces pages, où les auteurs tentent la confrontation d’idées, sont trop rares. Et pour ceux qui ont lu les précédents ouvrages de Didier Lestrade, ils seront en terrain connu.

BRIC-À-BRAC
De ce bric-à-brac, parfois sur le mode de la confession très (trop?) personnelle, nait aussi de belles pages, comme celles où Gilles Pialoux, à la suite d’un accident cardiaque, se retrouve côté «patient». Didier Lestrade, qui vit depuis une dizaine d’années à la campagne et est un commentateur de la lutte contre le sida, continue de régler des comptes, critique toute action qui ne vient pas de lui et s’invente livre après livre un personnage «seul contre tous».

Sida 2.0 propose aussi des pistes pour l’avenir («un monde sans sida: y croire?»), de la politique – pas si – fiction. Nous connaissons aujourd’hui les outils qui permettraient d’arrêter l’épidémie. Encore faut-il s’en donner les moyens. Et comme le dit Gilles Pialoux, laisser libre cours à son imagination pour oser penser… la fin du sida.

Sida 2.0, Regards croisés sur 30 ans d’une pandémie, de Didier Lestrade et Gilles Pialoux, Fleuve noir, 464 p., 19,20€.

Livres | 13.01.2012 - 11 h 32 | 2 COMMENTAIRES
Les 40 propositions de Christophe Girard pour une «République culturelle»

Ouvertement gay, l’adjoint au maire de Paris en charge de la culture publie «Le Petit Livre rouge de la culture». Une envie de ministère en cas de victoire de la gauche?

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Christophe Girard souhaite ardemment la victoire de la gauche en 2012. Le Petit Livre rouge de la culture, dernier livre de l’adjoint au maire de Paris chargé de la Culture, élu ouvertement gay, contient en tout cas suffisamment de propositions pour occuper un quinquennat. Christophe Girard développe son «programme» autour de trois priorités «essentielles»: un ministère de la Culture et de la Communication élargi au numérique, un plan d’éducation artistique, le renforcement de la place de l’art dans l’espace public.

GIRARD MINISTRE DE LA CULTURE?
Christophe Girard, qui s’était porté candidat face à François Fillon dans la 2e circonscription de la capitale, finalement dévolue au généticien Axel Kahn, se verrait-il ministre de la Culture d’un futur gouvernement? Christophe Girard propose de soutenir la production de contenus culturels numériques, d’accélérer la numérisation de l’ensemble du patrimoine. Plus généralement, il veut rendre la culture plus accessible. Comment? En la rendant plus «désirable» et en donnant la priorité à l’éducation artistique. Vaste programme auquel ce petit livre donne cependant corps… et supplément d’âme.

Livres | 16.12.2011 - 11 h 21 | 1 COMMENTAIRES
«Des chiens», «La Vengeance de Mademoiselle Jin», «La Brise du golfe»: 3 lignes sur 3 livres

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La chose est suffisamment rare pour être soulignée: j’ai récemment lu 3 livres, ce qui est déjà en soi une sorte d’événement, mais j’ai eu la chance de lire 3 bons livres, chacun dans son genre.

Des chiens Mike Nietomertz1. Des chiens, de Mike Nietomertz (Éditions gaies et lesbiennes).
Je lis peu de littérature française, encore moins d’autofiction, je m’ennuie trop vite. Mais j’ai dévoré Des chiens en une heure et demie, touchée par l’écriture vive et sans fioritures de Mike Nietomertz. Le premier chapitre donne le ton, ce sera cru, un peu désespéré, parsemé de répliques salutairement drôles, les personnages sont désabusés mais pas blasés.

Paradoxalement peut-être, Des chiens est empreint d’une certaine naïveté, d’une forme de douceur… jusqu’à la dernière claque, celle que l’on n’a pas vue venir et qui permet au livre de Mike Nietomertz d’être bien plus qu’anecdotique.
Retrouvez Mike Nietomertz en dédicace ce vendredi 16 décembre aux Mots à la Bouche, à Paris.

2. La Vengeance de Mademoiselle Jin, de Véronique Bréger (Les Ardents Éditeurs).
Evi ne s’est pas remise des péripéties de La Nuit des orpailleurs (même éditeur). Son corps fait des choses bizarres, sa conscience ne la laisse pas en paix. Elle accepte une mission étrange en Grèce, le récit fait quelques détours par la Turquie pour retourner… dans le Limousin, nous baladant du XVIIIe siècles à nos jours en toute simplicité.

Au passage, Evi se retrouve embarquée dans une histoire de mafia chinoise improbable mais que le talent de conteuse de Véronique Bréger rend crédible et haletante.

3. La Brise du golfe, de Gerri Hill (Dans L’Engrenage).
Changement de style complet, avec cette romance. Pat ne connait rien aux oiseaux mais elle a réussi à se forger une petite réputation en les photographiant. Carly a besoin, pour convaincre les investisseurs de la valeur de son programme de sauvetage des marais du littoral texan, d’une jolie plaquette avec de belles photos… d’oiseaux. La première rencontre est électrique, les suivantes aussi mais le courant a changé de sens.  À lire comme on mange une barbapapa: c’est trop léger et trop sucré, mais qu’est-ce que c’est bon!

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Livres | 03.12.2011 - 13 h 01 | 7 COMMENTAIRES
Livres: Le chercheur Jacques Leibowitch veut en finir avec le sida
jacques-leibowitch

Dans son livre, le chercheur propose de revoir de fond en comble la lutte contre l’épidémie. Une invitation salutaire.

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Jacques Leibowitch n’est pas un spécialiste du VIH comme les autres. Si dans les années 80, il a fait partie des pionniers dans la découverte du virus, s’il a contribué à la mise en place de la charge virale comme examen de routine et les trithérapies comme traitements de référence, il n’est pas toujours en phase avec les tenants de la recherche officielle. Il suffit parfois de l’entendre critiquer l’Agence nationale de recherches sur le sida pour s’en convaincre…

« UN GRENELLE DU SIDA »
Dans son livre, Pour en finir avec le sida, Jacques Leibowitch propose une relecture critique de notre vision du VIH. Il insiste notamment sur un point qui a fait beaucoup parler ces dernières années: le traitement comme outil de prévention. Il martèle qu’aujourd’hui, les séropositifs sous traitement efficace ne transmettent plus le virus. Et ce fort en gueule de réclamer un « Grenelle du sida »: « Tous ceux qui interviennent dans les domaines liés au VIH et au SIDA sont convoqués: pour les contaminations dans les groupes les plus vulnérables, il faut engager une nécessaire réorientation des thématiques et des moyens de prévention, en s’appuyant, notamment, sur la formidable capacité qu’ont les traitements antiviraux de rendre non transmetteurs les séropositifs bien suivis. »

CYCLES COURTS DE TRAITEMENT
Et Jacques Leibowitch, qui continue de suivre des patients séropositifs, de plaider dans son essai pour l’instauration de traitements de suite, moins lourds, avec moins de prises, après une phase d’attaque agressive contre le virus. Il expérimente des cycles courts de traitement, comme ceux qu’il teste actuellement à Garches. Les patients prennent le traitement quatre jours sur sept, parfois même moins et il n’y a selon lui aucun échec après plusieurs années de suivi. Pour lui, si l’on pouvait se passer d’une partie des traitements, quelle énorme économie d’effets secondaires, de coût et quel formidable argument pour se faire traiter. Pour le moment, il a du mal à convaincre les autorités de santé de mener un essai à grande échelle.

« LA CONCEPTION IMMUNOMILITAIRE »
Jacques Leibowitch prend également plaisir à démonter les dogmes, ce qu’il appelle la « conception immunomilitaire » du sida selon laquelle, pour l’essentiel, « le virus se livre à une mise hors de combat de certains globules blancs ». Ce sont les fameux lymphocytes TCD4+ (ou T4). Mais pour Leibowitch, cet académisme dominant est un peu court et ne suffit pas à expliquer tous les mécanismes qui entrent en jeu dans la maladie sida. Selon lui, il faudrait regarder bien plus précisément ce qui se passe du côté du processus d’inflammation.

Cela ne change rien, et Leibowitch en convient, au fait que les traitements antiviraux change la donne et qu’il faut maintenant mettre le paquet pour qu’ils soient rendus accessibles partout.
Jacques Leibowitch parle comme il écrit ou l’inverse. Cela donne un essai sans langue de bois, vif, très documenté, mais avec parfois une « novlangue » très personnelle  où les jeux de mots, les néologismes, les références s’entrechoquent dans une même phrase. La lecture en devient un peu complexe. On aurait aimé un style un peu plus sobre, pour cette analyse revigorante de l’épidémie et des moyens d’y mettre fin.

Pour en finir avec le sida, de Jacques Leibowitch, Plon, 117 p., 15€.

Concert | 12.07.2011 - 12 h 35 | 4 COMMENTAIRES
Liza Minnelli à l’Olympia: compte-rendu du concert
lizaminelli

Plus de 40 ans après un premier récital qui l’a faite connaître du public français, la comédienne et chanteuse revient enflammer la salle du boulevard des Capucines, avec un mélange de vieux standards et de chansons tirées de son dernier album.

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I’m Still Here. Cette chanson qui figure dans la comédie musicale Follies est devenu l’hymne des artistes qui ont survécu à toute une vie de show business, avec ses hauts, ses bas, ses fortunes et ses infortunes. Si elle ne l’a jamais chantée en public, Liza Minnelli en est devenue – peut-être à son corps défendant – une incarnation parfaite, comme elle l’a prouvé encore une fois hier soir à l’Olympia.

Plus de 40 ans après un premier récital qui l’a faite connaître du public français, la comédienne et chanteuse revient enflammer la salle du boulevard des Capucines, avec un mélange de vieux standards (extraits de Cabaret, Chicago, New York, New York, etc.) et de chansons tirées de son dernier album, le très intimiste Confessions.

La star, toute juste épinglée des insignes d’officier de la légion d’honneur, n’a pas à forcer son talent pour conquérir le public. A peine entre-t-elle sur scène pour entonner le Alexander’s Ragtime Band d’Irving Berlin que la salle lui réserve déjà une bruyante standing ovation – première d’une longue série… Et peu importe que la voix semble aux abonnés absents lors des premiers morceaux, l’humour, l’énergie et  l’envie de l’artiste, et l’empathie qu’elle suscite compensent largement. Mais Liza la chanteuse fait son retour avec une magnifique reprise en anglais de Comme ils disent, de son mentor Aznavour. Signe que lorsqu’elle ne force pas sur sa voix, elle peut encore donner corps à une chanson. On reste dans l’ambiance cabaret avec les chansons tirées de Confessions où l’évidente complicité avec son pianiste attitré Billy Stritch fait des merveilles. Le public se lève moins, il écoute plus. Il n’est plus devant le souvenir d’une étoile de Broadway et d’Hollywood, mais devant une femme qui a encore des choses à défendre. La nostalgie ayant ses limites, on la préfère dans cette deuxième version.

Retour ensuite à une série de standards pour conclure avec sa « signature » New York, New York dans lequel elle jette ses dernières forces. Avec encore une fois, une volonté qui force le respect. Le temps d’un petit rappel avec J’ai deux amours et I’ll be seeing you a capella et elle n’est déjà plus là. Mais seulement au sens propre.

Expos | 19.05.2011 - 13 h 16 | 5 COMMENTAIRES
Crépuscule des Dieux à Herrenchiemsee: la nouvelle exposition bavaroise n’occulte pas l’homosexualité de Louis II

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Si l’on se met dans la peau d’un touriste moyen qui vient passer quelques heures à Herrenchiemsee et parcourt les salles fraîchement rénovées de l’aile nord du château qui accueillent la grande exposition de la saison estivale bavaroise, intitulée Götterdämmerung, König Ludwig II, il y a fort à parier que ce touriste, s’il n’en est préalablement informé, ne prendra pas conscience des tendances homoérotiques du plus célèbre des rois bavarois. Le touriste moyen va réagir normalement aux incitants mis en place par les curateurs de l’exposition, il va en quelque sorte lire les gros titres et se laisser guider dans le parcours voulu par les organisateurs. Nulle part dans la présentation l’homosexualité de Louis II n’est mise en évidence, les organisateurs n’ayant pas pris le parti de la souligner. Elle est présente, mais davantage comme un des éléments constitutifs du mythe Louis II. C’est au détour des réactions de la presse et de la perception de plus en plus négative de la fin de son règne, ou encore de l’action de la censure sur les productions cinématographiques qui l’ont pris pour sujet, que l’homosexualité du Roi est évoquée. L’expo se penche dans ce cas plus sur la constitution du mythe que sur les faits qui en sont l’origine.

Quelles sont les pièces à conviction disséminées dans cette très belle exposition?
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L’exposition évoque les fiançailles avortées de Louis II: le souverain s’était en effet fiancé avec sa cousine la duchesse Sophie-Charlotte de Bavière (1847-1897), fille du duc Maximilien en Bavière, chef de la branche cadette de la Maison Royale de Bavière, et de la duchesse Ludovica de Bavière, fille du roi de Bavière Maximilien Ier, l’arrière-grand-père de Louis. Sophie-Charlotte est également la sœur de Charles-Théodore en Bavière, ami d’enfance de Louis et d’Élisabeth, dite «Sissi», impératrice d’Autriche et reine de Hongrie et de Bohême. Les fiançailles avaient été officialisées le 22 janvier 1867 mais le mariage reporté à plusieurs reprises. Le roi appelait sa fiancée Elsa du nom de l’héroïne de Lohengrin, l’opéra du compositeur Richard Wagner, dont Sophie-Charlotte appréciait elle aussi la musique. Mais Sophie-Charlotte s’est rendu compte que son fiancé n’avait pas suffisamment d’empressement. Elle aurait dit à sa famille: «Ne voyez-vous donc pas qu’il ne m’aime pas». En octobre 1867, le duc Max exigea que le mariage soit célébré avant la fin de l’année. Louis en profita pour rompre ses fiançailles. Sophie-Charlotte se maria dès l’année suivante avec Ferdinand Philippe Marie d’Orléans, duc d’Alençon.

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L’exposition évoque les nombreux films consacrés à Louis II et qui ont contribué à organiser le mythe qui s’est construit autour du Roi. Certains de ces films font croire que Louis II aurait vécu un flirt avec Sissi, ce que les historiens réfutent. Un montage video présente des scènes extraites de la filmographie et qui ont contribué à la légende. Un texte explique clairement que pour deux des films évoqués, la censure a joué un rôle en refusant l’évocation de l’homosexualité de Louis, au point qu’un des metteurs en scène a dû transformer son scénario: Helmut Kaütner, alors qu’il tournait en 1955 Ludwig II-Glanz und Elend eines Königs (Louis II- Grandeur et misère d’un Roi), a dû faire l’économie du thème de l’homosexualité pour pouvoir filmer dans les châteaux du souverain, en site propre. C’est le premier réalisateur à en avoir reçu l’autorisation, mais le prix de cette autorisation a été le silence. Quelque 20 ans plus tard, en 1973, Visconti évoque clairement l’homosexualité de Louis II, quoique avec décence, et a lui aussi maille à partir avec la censure.

• Un montage video présente de façon théâtrale la relation de Louis II avec Richard Wagner. L’acteur qui joue Louis II développe une gestuelle qui peut donner à penser que Louis II était une grande dame… À vous de voir.

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Les dernières sections de l’exposition sont consacrées aux processus qui ont conduit le Parlement bavarois à déclarer l’incapacité du souverain à gouverner par une médicalisation de la situation, ce qui conduisit à sa séquestration. On sait que Louis II, criblé de dettes, refusait tout contact avec son gouvernement et s’était retranché dans le monde imaginaire de ses châteaux. La presse nationale et internationale faisait ses choux gras de la situation et ne manquait pas de mentionner tant les préférences homoérotiques du roi que son comportement dispendieux qui mettait ses finances propres et celles du pays à mal. Les services du gouvernement bavarois avaient collectionné des coupures de presse, sans doute dans le but de constituer un dossier à charge contre le souverain. L’exposition présente notamment une coupure de presse française extraite du Gil Blas.

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Les relations privilégiées de Louis avec des acteurs ou des serviteurs, notamment des écuyers ou des palefreniers, sont alors évoquées. On peut voir des photographies que Louis avait fait réaliser, notamment deux photos où il s’était fait photographier en compagnie d’un acteur pour lequel il s’était passionné, Joseph Kainz, et avec lequel il avait effectué un court voyage en Suisse (1881). Cette photo avait fait l’objet de retouches, tant elle est choquante: le bras de Kainz est posé sur l’épaule du souverain. Ici, on présente un des rares originaux, avant que les soigneuses retouches n’aient été effectuées…

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On voit aussi les cadeaux somptueux, notamment des bijoux, que Louis faisait à ses favoris. Et par exemple un précieux pendentif en or émaillé représentant un paon, offert à Max Sedlmayer. Ici, le texte du catalogue énonce clairement les penchants homoérotiques du Roi, connus dès avant ses fiançailles avec Sophie-Charlotte. Vu le contexte de l’époque, et la stricte condamnation morale de même que la pénalisation des comportements homosexuels après la fondation du Reich, on imagine que le roi avait dû développer de forts sentiments de culpabilité qui se conciliaient mal avec ses désirs. Cela conduisait à des relations au schéma répété: engouement soudain pour un serviteur, un écuyer ou un comédien, l’engouement n’est qu’un feu de paille qui brûle d’autant plus rapidement que le remords s’en mêle, ce qui conduit à la fin rapide et abrupte du rapport. (Cf les page 242 à 246 du catalogue de l’exposition).

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Une photo touchante montre que certains des serviteurs de Louis II lui ont gardé un attachement certain, celle de Fritz Schwegler qui s’est fait tatoué un portait du roi sur l’abdomen. Bien sûr, dans ce cas, il ne s’agit très probablement pas d’homoérotisme.

• La dernière salle de l’exposition est consacrée à l’énigme de la mort par noyade du roi, et donne des éléments d’enquête sans prendre position: suicide, bagarre ou meurtre politique. L’énigme reste entière. Aucun élément homoérotique n’est ici évoqué.

Tout ceci rend la visite de  l’exposition au château d’Herenchiemsee passionnante et fascinante. On le voit, les rapports de la politique de la culture avec la thématique de l’homosexualité ont évolué positivement, il n’y a apparemment plus de censure, et une exposition peut se permettre de présenter l’évidence. Mais on sent néanmoins une certaine retenue. On aurait pu insister sur les combats incessants que le Roi menait contre ses penchants, son recours à la prière pour combattre ses envies de baisers ou de masturbation, ou pour s’en repentir une fois le péché accompli. On aurait pu présenter des pages des Carnets secrets de Louis II, un texte publié depuis 1923. Une certaine discrétion, une prudence certaine restent de mise dans la Bavière encore dominée par les Chrétiens-démocrates qui sont de facto les bailleurs de fonds de la politique culturelle. Et la CSU, la petite sœur bavaroise de la CDU de la Chancelière Merkel, freine des quatre fers quand il s’agit des droits fondamentaux des gays et des lesbiennes. Bien sûr on est en cette matière en progrès constant: l’Allemagne avance à petits pas vers le chemin de l’égalité, parfois contrainte et forcée par des jugements rendus par la Cour constitutionnelle de Karlsruhe quand ce n’est pas par la Cour européenne de justice à Luxembourg. Mais la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle n’est toujours pas inscrite dans la Constitution, les gays et les lesbiennes ne bénéficient pas, lorsqu’ils ont conclu un partenariat enregistré, des mêmes droits fiscaux que les couples mariés, et les employeurs religieux (écoles confessionnelles, Caritas, Diakonie, etc.), très puissants, peuvent congédier sur-le-champ (Tendenzschutz) un employé qui vivrait en contradiction avec la morale qu’ils préconisent… La politique de la culture est-elle le miroir mis en abyme de la politique en général?

Le Ministre-Président Seehofer, inauguration de l'exposition Götterdämmerung

Les ministres bavarois qui ont inauguré en grandes pompes cette somptueuse exposition reconnaissent aujourd’hui des vertus à Louis II, car la Bavière profite pleinement des folies du Roi Bâtisseur, ses châteaux constituent la première attraction touristique du Land. Les énormes profits que cela génère rendent l’homoérotisme du souverain tolérable, mais pas au point d’en faire un de thèmes centraux d’une exposition.
(Photo du Ministre-Président Seehofer, inauguration de l’exposition Götterdämmerung)

En matière de reconnaissance des droits ou de simple reconnaissance de la réalité de l’homosexualité, patience et longueur de temps font-ils plus que force ni que rage?

Pour un descriptif en français de l’exposition, cliquer ici.

Luc Lebelge

En partenariat avec Munich and Co

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Musique | 16.05.2011 - 12 h 21 | 4 COMMENTAIRES
Arielle Dombasle – «Diva Latina»
Cover Diva Latina

Après avoir été « Glamour à mort! », Arielle Dombasle se mue en « Diva Latina » avec 12 titres (essentiellement des reprises) en hommage à ses racines mexicaines.

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Ce qu’on aime avec Arielle Dombasle, c’est qu’elle n’a peur de rien. Après avoir été Glamour à mort! (voir notre interview), elle se mue en Diva Latina (aujourd’hui dans les bacs), avec 12 titres (essentiellement des reprises) en hommage à ses racines mexicaines. Comme souvent avec elle, on oscille entre « elle a une jolie voix, finalement » et « nan, elle a quand même pas fait ça ».

Douze titres, donc, de Porque Te Vas (clip ci-dessous, avec une Arielle femme et une Arielle homme) à Hijo De La Luna et La Colegiala (si, si), et des interprétations inattendues de Mala Vida, Pata Pata ou Hasta Siempre

Porque Te Vas:

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur Arielle Dombasle – Porque Te Vas

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Danse | 28.04.2011 - 11 h 40 | 2 COMMENTAIRES
L’impossible homosexualité de Louis II en fil rouge de la nouvelle production du Ballet national bavarois: « Illusionen – wie Schwanensee »

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La première a au lieu il y a une semaine, jeudi 21 avril, au Théâtre national de Munich. Année Louis II oblige, le Ballet national bavarois a fait du neuf avec de l’ancien en reprenant une chorégraphie narrative que le chorégraphe américain John Neumeier et le décorateur Jürgen Rose avaient montée à Hambourg en mai 1976. La première munichoise a été suivie dans une atmosphère quasi religieuse par un public bavarois qui lui a réservé le triomphe des grands soirs par une standing ovation! À noter que cette chorégraphie a notamment été présentée en 2000 au Théâtre du Châtelet à Paris.

La Bavière commémore cette année le 125e anniversaire de la mort tragique du roi Louis II, un roi qui avait causé beaucoup de soucis à son pays de son vivant, notamment par des dépenses somptuaires qui ont mené le pays au bord de la ruine, mais dont les réalisations artistiques et la figure devenue mythique constituent aujourd’hui une manne appréciable. Les touristes viennent par dizaines de milliers visiter ses châteaux, sa biographie est constamment revue et commentée, Wagner qu’il avait ardemment et généreusement soutenu est souvent considéré comme le maître suprême de la musique lyrique: les choix et les investissements artistiques, tant architecturaux que musicaux de Louis II, contribuent aujourd’hui à la fortune de la Bavière. Et ceci justifie peut-être la décision du Ballet national de monter à Munich un ballet dont Jürgen Rose et John Neumeier eurent pour la première fois l’idée en 1974 alors que ce dernier dirigeait le ballet de Hambourg.

Alors qu’on lui demandait de produire un ballet classique, Neumeier en discuta avec Rose qui eut l’idée de revisiter Le Lac des Cygnes en imaginant qu’un roi, désigné comme Le Roi mais qui est aussitôt identifié comme Louis II de Bavière, assiste à la représentation du ballet de Tchaïkovski dans son château de contres de fées. L’idée n’est pas un anachronisme: Tchaïkovski vit son ballet exécuté pour la première fois en 1877, mais ne remporta qu’un succès médiocre. Ce n’est qu’à partir de 1895 que les cygnes du grand compositeur russe prirent leur envol dans la chorégraphie féérique de Petipa/Ivanov à Saint Petersbourg, soit après la mort de Tchaïkovski et de Louis II.

Mais si Louis II de Bavière n’est sans doute pas rentré en contact avec l’oeuvre de Tchaïkovski, on peut comme John Neumeier l’a si bien fait, tenter de nombreuses passerelles symboliques entre les deux hommes. À commencer par leur homosexualité qui les écartela: nés à une période où on ne pouvait vivre sa nature propre en pleine lumière, et difficilement sans doute à l’abri des regards, en tout cas pour des personnalités de premier plan, constamment sous les feux de la rampe.

John Neumeier imagine un canevas narratif qui oppose la réalité aux illusions issues de l’imagination du souverain: l’action se situe à la fin de la vie de Louis II que le corps médical vient de déclarer mentalement malade et incapable d’assumer la fonction royale. Le somptueux rideau de scène (détail ci-contre), décoré d’un riche brocard bleu, blanc et or représentant le motif répété de cygnes couronnés et de fleurs blanches, se lève sur l’emprisonnement du souverain qui essaie de se calmer par la prière. Les déchirements intérieurs de Louis II seront incarnés dans le personnage de l’Ombre dont on se rend vite compte que le Roi en est épris. L’ombre, ce sont notamment les pulsions homosexuelles incontrôlables du roi de Bavière, un être écartelé entre les nécessités de la cour et les appels trop puissants de son être véritable.

Dans les délires de son enfermement, le Roi s’illusionne à partir de trois objets disposés dans la chambrer du palais qui lui sert de cellule: la maquette de Neuschwanstein, un théâtre miniature de carton qui présente une représentation du Lac des Cygnes et son propre portrait en pied en grand habit de cérémonie. Le décor de la cellule s’ouvrira par trois fois pour laisser place au décor déliré par la folie royale.

Lors du premier acte, on est au château de Neuschwanstein encore en chantier mais dont la construction s’achève. Le souverain a convié les paysans du village, qui sont peut-être aussi les ouvriers qui ont participé à la construction, à une fête paysanne où danse et combats de force alternent. Rose et Neumeier convient ici tous les clichés du kitsch bavarois: la bière coule à flots dans de grandes chopes, les paysans portent la culotte de cuir et leurs femmes la robe à tablier (Trachten et Dirndl) sur fond d’échafaudage et panorama alpin. Les paysans s’exercent à des jeux de force et le Roi peut un moment s’illusionner d’une proximité avec son peuple, et particulièrement avec les paysans athlétiques. Arrive ensuite la Cour et la Reine, mère du Roi. Une princesse essaie de le séduire, mais le Roi pris de folie la repousse, la jette à terre et va jusqu’à gifler sa propre mère. Un des personnages se révèle être l’Ombre, le Roi est puissamment attiré, d’une manière incoercible, et agit à l’encontre de tout ce que l’on attend de lui. L’Ombre fait transition et le Roi se réveille dans la prison qu’il n’a jamais quittée. Il se jette à nouveau sur son prie-Dieu pour une prière énervée, on le sent tiraillé entre un devoir qu’il ne peut accomplir et le besoin constant de se réfugier dans le divertissement.

Le deuxième objet, le théâtre miniature, va conduire le souverain à croire qu’il assiste à une représentation du Lac des cygnes. Dans une mise en abyme très réussie,Neumeier reproduit  fidèlement la chorégraphie d’Iwanow, l’adjoint de Petipa, telle qu’elle fut présentée en 1894 au théâtre Mariinski. Ici Louis II va s’identifier au prince Siegfried, le prince du Lac des Cygnes qui, tombé amoureux d’une femme ensorcelée et métamorphosée en cygne, la princesse Odette, dansée par l’incomparable Daria Sukhorukova, sera victime à son tour de la machination du magicien qui l’abuse en lui faisant épouser sa propre fille, à qui il a donné l’apparence de la femme dont le prince est amoureux. Le Roi d’opérette qu’est Louis II rencontre ainsi et s’identifie au prince de conte de fées. La transition est à nouveau organisée à partir de l’Ombre. Alors que le Roi s’approche du magicien maléfique, il se rend compte qu’il s’agit de l’Ombre, ce qui est lourd de signification symbolique: l’homosexualité est un maléfice qui empêche l’accès à l’amour véritable. Le roi se réveille à nouveau de son illusion dans sa cellule.

À partir de son portrait en pied qu’il contemple dans sa cellule, Louis II s’illusionne une troisième fois: cette fois il se retrouve dans la salle de bal de son château, il donne un de ces bals masqués à l’occasion desquels il lui plaisait tant de se travestir. Il s’est costumé en Prince Siegfried, l’amoureux de la femme cygne. Le bal masqué donne l’occasion de chorégraphier, entre autres, les personnages de la commedia dell’arte, des numéros de clowns et quelques danses du monde: aux flamencos andalous succèdent des danses folkloriques russes, puis ce sont encore des valses, qui rappellent celles dansées par la Cour au premier acte. Ici encore le Roi est approché par une princesse déguisée en l’Odette du conte, mais rien ne sera consommé: la nature véritable du Roi l’emporte et il rejette la femme. L’Ombre assure à nouveau la transition et le Roi retrouve la réalité: la chambre-cellule de son palais. La femme-cygne lui apparaîtra pour une dernière tentative de séduction amoureuse? Mais le Roi, hébété, n’a pas l’attrait de la femme et se tourne à nouveau vers l’Ombre. Restés seuls, l’Ombre et le Roi vont danser un pas de deux masculin qui exprime les désirs et les déchirements intérieurs de l’Amour qui ne peut dire son Nom. Ce pas de deux final, ce grand pas de deux homosexuel est aussi l’apothéose de la chorégraphie de Neumeier. Tigran Mikayelyan (le Roi) et Marlon Dino (l’Ombre) ont donné un pas de deux époustouflant, dont la revue Applaus fait à juste titre sa couverture. Et le décorateur n’est pas en reste: Jürgen Rose fait alors tomber son sublime rideau de scène sur les deux danseurs. Le rideau bleu tombe sur les danseurs qu’il engloutit, comme la vague du Lac Stanberg sous laquelle ont disparu à jamais le Roi Louis II et son médecin personnel, dont on pense qu’il l’a entraîné dans la mort. L’illusion aquatique est parfaitement rendue.
Ainsi le ballet s’achève-t-il sur la mort par noyade. Et là aussi les signes se renvoient: Louis II était fasciné par la majesté aquatique des cygnes, et on se souviendra que le Tchaïkovski du Lac des cygnes avait tenté de se donner la mort en buvant un verre d’eau contaminé par le bacille du choléra.

On est subjugué par la qualité de la troupe du ballet. On sait combien il est périlleux de s’essayer à reproduire les chorégraphies d’Iwanow-Petipa si elles ne sont pas dansées à la perfection. Seule l’ascèse, la discipline de travail  et le talent artistique des meilleurs danseurs peuvent redonner vie à ce ballet si souvent remâché. Le pari munichois est réussi et la magie est présente au rendez-vous que vous donne le Ballet national bavarois pour les prochaines représentations.

Agenda
Le 28 avril 2011
Les 6, 15, 18, 21 et 23 mai 2011
Les 2, 6 et 11 décembre 2011
Les 10, 12, 16, 19 et 22 mars 2012
Et le 27 avril 2012.

Réservations: cliquer ici, puis sur la date désirée en bas de page, et suivre la procédure.

Luc Lebelge

Photos Hösl / Badekow / Kletzsch

En partenariat avec Munich and Co

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Livres | 18.03.2011 - 08 h 34 | 0 COMMENTAIRES
« La prison ruinée », de Brigitte Brami: L’avis de la communauté

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La prison ruinéeBrigitte Brami, diplômée d’Études approfondies en Littérature à la Sorbonne Nouvelle, a passé cinq mois à la maison d’arrêt des femmes de Fleury-Mérogis. Dans un petit livre – 38 pages – publié aux éditions Indigène (qui a édité l’Indignez-vous de Stéphane Hessel), elle raconte la prison, la solidarité… et l’éveil de son corps.

Yagg a fait gagner quelques exemplaires de ce court mais intense récit, et plusieurs critiques ont déjà été publiées sur les blogs de la communauté.

« Hormis quelques lourdeurs, le style est fluide, sans chichis, sans effets de manche, écrit Septembre. Tout de suite, on est assailli par les bruits de la prisons. Les couleurs ensuite. Les sensations, les odeurs. Brigitte Brami immerge son lecteur dans un univers de corps et de murs, entre lesquels il déambule un peu au hasard, selon les désirs de l’auteur qui se fait son guide. » « Néanmoins, il y a quelque chose de l’utopie carcérale qui me gêne dans ces pages, poursuit-elle. (…) Malgré quelques passages sur le sordide des corps et des vies, malgré le fait que ce texte soit la transcription sans doute fidèle et sincère d’un vécu, malgré mon ignorance de cet univers, je ne peux m’empêcher d’y voir l’idéalisation romanesque d’un monde perçu de façon totalement subjective, où la poésie et, peut-être, la nécessaire divagation imaginaire qu’implique le séjour en prison, jette un voile sur la réalité. (…) Mais cela sonne juste, malgré tout. »

Pour Mayanne, « c’est un livre poétique. (…) L’auteure emprunte volontiers un langage cru, brut, mais aussi parfois infiniment délicat et tendre pour décrire la vie entre ces murs et ces autres femmes. Elles sont séductrices, maternelles, violentes, fières. Elle les sublime en n’épargnant rien. (…) Ce livre nous met au pied de nos certitudes au fil des pages. »

« Même si je pense qu’on ne peut malheureusement pas généraliser cette expérience à toutes les maisons d’arrêt pour femmes, ce texte est tellement rempli d’espoir qu’il donnerait presque envie de se retrouver en prison, ajoute Brigitte38. Il va en tout cas à contre-courant de ce que l’on entend ou de ce que l’on voit en général sur le milieu carcéral. »

« On sent qu’il se cache en lui une matière littéraire qui pourrait être exploitée, renchérit Kashima. Sous le patronage de Genet, certes, mais aussi d’Albertine Sarrazin (en prison huit ans et qui avait été mise au cachot dix jours pour avoir embrassé une autre détenue), Brigitte Brami propose à tous les prisonniers d’« être (heureux) en étant (incarcérés car c’est) la seule résistance possible face au pouvoir institutionnel. » »

« J’y vois une grande source d’inspiration. Je ne peux que recommander la lecture de ce texte très riche », insiste Guiguilerennais sur son blog Tarlouze féministe.

Brigitte Brami sera au Salon du Livre ce samedi 19 mars, de 16h à 19h30, sur le stand T27. D’autres auteur-e-s suivi-e-s par Yagg se trouveront également au Salon du Livre, notamment Cécile Vargaftig ou Wendy Delorme.

La prison ruinée, de Brigitte Brami, Indigène, 38p., 3 euros.

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Musique | 04.02.2011 - 15 h 32 | 3 COMMENTAIRES
Juliette – « No Parano »
juliette500

Septième album studio de la truculente Juliette. Ce « No Parano » est un peu inégal mais s’écoute avec plaisir.

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Nouveau tour de piste pour Juliette… qui emmène avec elle une petite tribu d’auteurs qui l’ont inspiré ou qu’elle aime.  Car même si elle écrit désormais seule la plupart de ses chansons, elle aime aussi chanter aussi les mots ou les musiques des autres. On retrouve ainsi du Prévert (Dans ma rue), du Victor Hugo (La chanson de Dea, inspirée de L’homme qui rit), du Gainsbourg (Les dessous chics, bien mais sans plus), du Carlos Gardel (Volver) et même du… Adamo, le  beau et cruel Une chose pareille, sans doute le meilleur morceau de No Parano. Tant qu’à faire Juliette reprend aussi du… Juliette avec une nouvelle version de ¿Qué tal?, qui figurait sur son l’opus du même nom, sorti en 1991.

Côté compositions, on retrouve sur ce septième album studio du très bon, à l’image de La leur dans l’œil ou Un petit vélo rouillé, du bon avec Rue Roger Salengro, où Juliette évoque avec nostalgie son enfance à Suresnes, du plus anecdotique comme Rhum Pomme et du moins bon, le relativement inécoutable The Single qui se veut une critique d’un certain type de variété. Le texte est évidemment bien supérieur, mais on n’est pas loin des « Pipoles » de Marianne James. Quoi qu’il en soit, Juliette demeure l’une des meilleures – sinon la meilleure – parolières de la chanson française. Et si No parano n’est pas son meilleur album (on peut lui préférer par exemple l’excellent Mutatis Mutandis, sorti en 2005), il reste nettement au dessus du lot de la production actuelle. Une artiste précieuse.

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